La polémique qui entoure le maintient du Sénat pollue l'atmosphère des alliés du président de la République au sein de la coalition Benno Bok Yakaar . A quelques semaines des élections sénatoriales les défenseurs des assises nationales exigent le respect des conclusions de ces assises .
Le Mouvement du 23 juin (M23) qui s'érige en sentinelle de la démocratie a déjà engagé le bras de fer contre le maintien du Sénat . A l'APR et au sein de la coalition Macky 2012 la riposte s'organise pour soutenir Macky Sall dans sa décision de maintenir le Sénat . les conclusions des Assises nationales ont ils la même valeur que la Constitution ? Certains observateurs de la scène politique sénégalaise soutiennent que les composantes du M23 n'ont généralement pas assez de courage pour admettre qu'ils peuvent avoir tort aussi. Ils n'ont pas le droit d'imposer au Président de la République la suppression d'une institution. «Tout doit se faire par le dialogue » souligne un membre de la coalition Macky 2012 . Il ajoute : « Ces irréprochables » du M23 ne cherchent pas à découvrir la vérité pour ainsi remettre en question leurs propres idées au contact de celles des autres. Ils ne veulent qu'avoir raison et imposer leurs idées. Macky Sall est en train de jouer un rôle politique très important rien que par sa présence en tant que président de la république et sa détermination à maintenir la dynamique du groupe de la coalition Benno Bokk Yaakaar . Il est le seul capable en tant que Président de la République de juger de la suppression ou non d'une institution suivant ses orientations à moins qu'il ne soit un président de transition» . A moins d’un mois des élections sénatoriales, des voix s’élèvent de part et d'autre sur la suppression ou le maintien du Sénat . L’Alliance pour la république (Apr) a carrément notifié à son Président, lors de la dernière réunion de son directoire, sa volonté de maintenir le Sénat et d’avoir un « apériste » à la tête de la première chambre du Parlement, selon l’ordre protocolaire des institutions. Mbaye Ndiaye, le ministre de l’Intérieur et cadre de l’Apr est catégorique dans cette polémique touchant le maintien ou non du Sénat. « En un moment donné, certains avaient dit que le Sénat n’était pas opportun.
Mais, nous, à l’Alliance pour la République (Apr), dès le départ, nous avions toujours refusé que le Sénat soit dissous ». Au cours de la réunion du directoire de l'APR , Moustapha Diakhaté, par ailleurs président du groupe parlementaire « Bokk yaakaar » a invité ouvertement le Président Macky Sall, à refuser la « dictature du peuple des Assises » . Contrairement à Mbaye Dione , membre du bureau politique de l'AFP qui soutient : « s'il y a un report systèmatique des voix au second tour de l'élection présidentielle , c'est parce que Macky Sall sest engagé à respecter les conclusions des assises nationales . La suppression du Sénat est primordiale» Ce que dégage le ministre-conseiller spécial du président de la République, le Pr Arona Ndoffène Diouf : « Les assises nationales ne sont pas la charte suprême. La charte suprême du Sénégal c’est la constitution qui est installée pour régir la République ». Il Ajoute : « il est inadmissible dans une République d’imposer au président de la République la suppression d’une institution qui a été mandatée par la Constitution. La Constitution sénégalaise est la charte suprême.
Elle est au dessus de toutes les autres chartes, protocoles et conventions ». Avec la maintien du Sénat , la nomination de Mbaye Ndiaye au ministère de l'intérieur et le cumul des fonctions de président de la République et de chef de parti,Macky Sall refuse de céder au chantage . Selon certains observateurs , Macky Sall ne peut pas se permettre de fragiliser son parti en quittant la direction de l’Apr et en supprimant le Sénat . ADJI