Tous les moyens sont bons pour tirer profit de la situation déjà compliquée des émigrés en situation irrégulière en Italie. Pour cause, une bande de faussaires spécialisés dans la confection de documents illégaux pour les sans papiers établis dans ce pays vient d’être démantelée par les policiers de la province de Pise.
Leur procédé consistait à réclamer 2000 à 5000 euros pour les aider à établir un dossier comme travailleurs domestiques ou aide-soignants en vue d’obtenir une régularisation de leur titre de séjour dans le pays. En effet, après l’identification de plusieurs dossiers suspects introduits au niveau de la commune (questura), les services de police ont entrepris de recueillir des témoignages auprès des requérants à la régularisation. Leurs soupçons vont vite se confirmer.
Dans la mesure où ces derniers ont tous relatés aux policiers le canal des faussaires par lequel ils sont passes pour établir leur dossier. Le pot aux roses a été ainsi vite découvert par les enquêteurs. Il s’agit d’une vaste entreprise d’escroquerie coachée par une belle italienne qui, selon nos sources, mettait en avant son charme pour appâter les victimes.
Ainsi, de Milan à Pise, plusieurs immigrés clandestins dont une cinquante sénégalais ont mordus l’hameçon en versant des milliers d’euros pour obtenir de faux documents, selon un rapport établi par l'enquête menée par les services d'immigration de la préfecture de Pise où des centaines de cas de demandes régularisations suspectes ont été signalés à cet effet. Outre l’arrestation du chef de la bande qui est une femme, deux « modou modou », connus par les forces de police, ont également été arrêtés. Et toutes les victimes de ce trafic, qui voulaient une régularisation rapide, ont été recalées par les services chargés de l’immigration en Italie.
Conscients d’être arnaqués, nombreux d’entre eux, en situation irrégulière, n’ont pas osé à aller déposer une plainte contre leurs bourreaux. En effet, non seulement, ils ont perdu leurs sous mais n’ont pas obtenu leur titre de séjour. Quant aux malfrats mis en cause, ils sont poursuivis pour les délits d’association de malfaiteurs, de fraude, d’extorsion de fonds et d’aide à l'immigration illégale, sévèrement réprimés par le code pénal italien. Jamil Thiam