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Le cri de coeur de Damel Maïssa Fall, Chargé des Relations extérieures de la Coalition Macky 2012
Source : (Contribution) - Publié le : 04/08/2012 - 14h 26   
 

Le Sénégal les a entendus hurler et menacer, comme il les a vus gesticuler pour mieux se faufiler, qui pour un maroquin, qui pour un siège de député, qui pour un poste de Directeur Général. Même fracas et mêmes resquilles chez ces soldats de la dernière heure qui veulent intégrer – infiltrer – l’APR. Tous veulent un strapontin et les moyens mis au service de la fin confinent à l’indigence morale. L’indignité est ainsi confirmée tel élément consubstantiel à la nature des acteurs politiques. Pour autant, délivré de tout angélisme, nous savons, par expérience, que l’acteur politique peut fonder son action sur les valeurs qui font les grands peuples. Parmi ces valeurs, il y a ce silence, si profond, qu’il laisser percer nos voix intérieures : l’ardent désir de servir notre pays, la farouche volonté d’offrir à notre jeunesse un réel avenir et un immense sentiment de gratitude pour nos populations qui nous ont partout bien accueillis et toujours encouragés. A ces voix vient se mêler tel murmure d’incrédulité, souffle d’une colère réprimée, la voix de nos militants. Il ne faut pas une écoute profonde pour l’entendre exiger notre présence dans les instances dirigeantes du pays. Mais alors, fallait-il multiplier coups d’éclat, coup de menton et coup de gueule pour amener le Président de la République à traiter notre cas ? Fallait-il nous entourer de caméras dans des manifestations d’indignation parce qu’un tel est nommé ministre ou Directeur Général et pas nous ? « En politique il faut faire du bruit », répètent-ils en chœur, de l’analyste au badaud, du sympathisant à l’adversaire, de Thiès à Milan, telle une inquisition voulant piéger nos valeurs. Au-delà du silence observé en signe de respect pour nos compatriotes excédés par la vulgarité et la légèreté du monde politique, il fallut de la résistance pour ne pas succomber au brouhaha politicien, pour ne pas crier avec cette caste prête à toute sorte de manœuvre, voire d’infamie, pour un strapontin. Cette résistance fut d’autant plus longue qu’elle fut sereine, pour rendre notre parole meilleure que notre silence. Nous tenions à préserver cette parole des vices qui l’emportent sur les vertus dans une société sénégalaise marquée par la corruption, la concussion et la prévarication. Depuis ma déclaration de candidature à la présidentielle de février 2012, nous nous savons observés. Cela aurait donc conforté nos détracteurs de nous voir, dans une agaçante arrogance et une mâle assurance, réclamer notre part. Mais faut-il le rappeler, notre pays n’est pas un gâteau à se partager. Alors, après la belle victoire du 25 mars 2012, nous avons poursuivi notre travail. Une responsabilité que nous continuerons d’assumer de sorte à contribuer de manière effective à la réconciliation entre le pouvoir politique et les populations. Et nous agirons dans le silence chaque fois que l’analyse et à la synthèse l’exigeront. Ainsi qu’une longue marche commence par un pas, le silence est à l’entame de la parole et plus il est profond, plus cette parole est tournée vers la population pour laquelle et au nom de laquelle nous parlons et agissons. Autrement, notre silence fut l’occasion d’écouter nos compatriotes qui exigent la réhabilitation de la parole publique et une action politique au service des populations. C’est de ce silence qu’est née la parole qui confirme aujourd’hui le désir ardent de servir, la traduction de la promesse en acte, la concrétisation de notre engagement électoral : « Les 65 Millions pour le Peuple – Yoonu Ngor », le dimanche 5 août 2012, à la Chambre de commerce de Thiès. Au-delà de réitérer notre soutien effectif à l’action du candidat Macky Sall devenu Président de la République, ce sera l’occasion de rappeler l’urgence de réhabiliter la parole publique. Dire et faire, sinon se TAIRE ! Autre promesse électorale faite par nous : cheminer avec Macky Sall dans la dignité et l’engagement, de sorte à ce que les urgences sociales soient résolues, que la corruption soit combattue, que les demandes des émigrés soient entendues, que les jeunes et les femmes soient soutenus. Ce qui est en train d’être fait. « Cheminer dans la dignité », une exigence si élevée pour nous, et heureusement partagée par le Président de la République, qui l’a reprise à son compte lors du meeting de BBY à Pékesse, dans le Kayor. Etre fidèle à notre promesse, c’est agir comme l’APR et ses alliés de la coalition Macky 2012 font actuellement : cheminer avec et pour la population. Faire le chemin inverse serait du moins une faute – morale et politique – sinon une trahison. Tenir notre engagement, c’est, pour tout allié du Président de la République, de ne pas amener nos compatriotes à penser que celui-ci assure le bonheur de ses amis politiques avant de s’occuper d’eux. Donc avoir un sens élevé de la responsabilité et de la dignité. Dans le même temps, il importe de trouver une réponse appropriée à la frustration des alliés du premier tour, ceux qui ont scellé la victoire - il importe de le souligner. Il s’agirait moins de leur distribuer des macarons que de leur permettre d’apporter une réelle contribution à trois défis : - Politique : faire oublier le laxisme et la corruption des régimes précédents, grâce à une gestion à la fois vertueuse et rigoureuse, de manière à garantir la relance de notre économie et assurer un bel avenir à notre jeunesse. Stratégique : qui est surtout de la responsabilité de l’APR qui, pour garder le pouvoir, devra être forte, un objectif qui ne pourrait être atteint sans des alliés respectés et renforcés. - Programmatique : notre pays n’est pas une colonie franco-saoudienne. Et plus qu’indépendant, il est éternel dans le respect de son histoire et de ses traditions, toute son histoire toutes ses traditions ! Nous sommes fiers d’être de ce pays et déterminés à donner à notre identité négro-africaine tout son éclat. Les alliances politiques sont consolidées dans l’intervalle entre les différentes élections, le temps nécessaire aux réalisations, celui que nous mettons donc à profit pour concrétiser notre promesse électorale et ainsi continuer de soutenir notre coalition. Egalement, l’occasion d’inviter la classe politique à une réflexion sur la communication – promesse – en politique. Un échange pour trouver les moyens de concilier séduction politique et respect des populations. C’est une nécessité sur la voie de la Rupture souhaitée par celles-ci. Crise des valeurs, mais rejet des politiciens corrompus. Il y a l’amorce d’une rupture avec des électeurs qui semblent désormais réceptifs à la sincérité. Lorsqu’une démarche pédagogique accompagnera celle-ci, l’électeur rencontrera enfin le politicien qui osera la redéfinition de son activité, exigera la responsabilisation de ses pairs et substituera le « nous » au « je ». Au « que m’est-il permis d’espérer ? », à moi, acteur politique en quête de pouvoir, est en effet préférable le « que nous est-il permis d’espérer ? », à nous, populations. La question du politique n’étant pas une affaire d’introspection, mais de relatif oubli de soi, d’inclusion au sein d’un pluriel, d’agrégation à un nous. La question ne doit se poser qu’à l’aune de ce nous appelé à faire sens dans le projet d’une communauté. « Que nous est-il permis d’espérer ? », c’est le nous – populations – qui est ici central et qui dit l’essentiel de la promesse en politique. Ce nous matrice de notre propos est en soi une promesse, celle dont la tenue détermine l’avenir de toutes les autres.

 
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